vendredi 11 octobre 2013

La mécanique des dessous [collectif, dir. D. Bruna] 2013

Ce catalogue pèse son poids. En terme d'articles touffus et de photographies, il n'est pas en reste. Sorti cette année, il accompagnait l'exposition du même nom aux Arts Décoratifs. Sous-titré "Une histoire indiscrète de la silhouette", l'ouvrage donne la part belle aux contributions de chercheurs renommés et d'autres en devenir dans le domaine de l'histoire du costume. 
Couverture du catalogue d'exposition, visible sur le site des Arts Décos
L'exposition, comme son catalogue, tourne autour de la notion de silhouette fortement liée au sens de la vue. On comprend donc que les dessous, pour parler plus couramment la lingerie, exercent une pression sur le corps ou bien modifient l'aspect du vêtement dans l'optique de créer une silhouette. Et cette dernière évolue dans le temps comme le sait bien toute personne intéressée par ce domaine. Ainsi, dans ce livre richement illustré on analyse cette évolution du XIVème siècle à nos jours. On ressort de l'exposition comme de ce livre avec l'idée que la chirurgie esthétique est peut-être ce que l'on a trouvé de mieux aujourd'hui pour modifier notre silhouette. Nous nous croyons libérées du corset, nous les femmes, mais finalement, le sport et la chirurgie sont les corsets des temps modernes. En tous cas, la pression sociale et culturelle sur l'apparence est toujours là. C'est, du moins, l'un des sentiments que j'ai eu en feuilletant ce catalogue. J'ai apprécié l'effort de parité entre mode masculine et féminine, vraiment satisfaisant. On bat en brèche le cliché selon lequel les hommes n'auraient jamais eu à porter des dessous aussi frappants que le corset. A l'occasion, on découvre le pourpoint de Charles de Blois, les braguettes et bas rembourrés. Une bibliographie bien remplie est proposée en fin de livre. En résumé, une belle acquisition ou un beau cadeau pour les passionnés.
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 26 mai 2013

Les costumes du New York City Ballet en vente

Le New York City Ballet a organisé la semaine dernière une vente inédite de certains de ses costumes. En quelques jours tout est parti évidemment et à des prix exorbitants. Néanmoins, un coup d’œil sur ces œuvres (juste pour rêver) s'imposait dans ce blog où la mode et la danse s'allient dans une valse régulière...
Cette photographie illustre la boutique de costumes du NYCB, prise par Wendy Whelan la danseuse et Kellie Sheehan la costumière, elle était aussi en vente sur le site.
C'est le site One King's Lane qui gérait cette vente rare. Commencée le 21 mai 2013, elle est close depuis vendredi 24 mai il me semble. Mais il est encore possible d'observer ses trésors sur le site de The Cut, d'où proviennent les photographies de cet article (sauf mention contraire).

Le New York City Ballet est une compagnie de danse américaine fondée en 1948, Balanchine en devient le directeur artistique et à sa mort, c'est Robbins qui lui succède. 
George Balanchine est né en 1904 et mort en 1983, c'est un danseur américain d'origine russe. Sur cette photo, il est en répétition - source : ArtsAlive
Américains en majorité, ses danseurs sont issus pour la plupart de la School of American Ballet. La compagnie devient très vite l'ambassadrice du ballet américain. Le répertoire est très marqué par la danse classique et les œuvres de Balanchine sont mises à l'honneur.
Jewels (bijoux)  est un ballet en trois parties chorégraphié par Balanchine. Les interprètes sont transformés en pierres précieuses, ici les rubis - source : nytimes
Après ce court historique, il est temps maintenant de découvrir ces petites merveilles vendues cette semaine. 
Tutu "Diamonds" réalisé pour Darci Kistler pour le ballet Jewels, vendu pour la somme modique de 5 999 dollars. Mais pour une telle merveille...
Tutu du corps de ballet, issu du ballet Divertimento N°15, vendu pour 2 999 dollars
Le ballet Divertimento N°15 en représentation à San Francisco - source : blog impressions danse
Robe rose réalisée pour la ballerine Kyra Nichols lors du ballet Brahms-Schoenberg Quartet, vendue pour 3 499 dollars
Tunique portée par Joaquin de Luz danseur du ballet Songe d'une nuit d'été, vendue à 3 999 dollars.
Le ballet Midsummer Night's Dream avec Joaquin de Luz, on reconnaît la fameuse tunique dont on ne voit pas bien toutes les dorures par rapport à la photo précédente - source : timesunion
Des esquisses des costumes étaient aussi mises en vente pour 299 dollars chacune. A gauche, costume pour homme du ballet Symphony in C et à droite, costume pour femme pour le même ballet. Tous deux sont réalisés par Marc Happel, le directeur des costumes du NYCB.
Les chaussons usagés des danseuses sont aussi en vente, par exemple ceux-ci appartiennent à la ballerine Ana Sophia Scheller pour 149 dollars.
La couleur rouge pétante de ces derniers chaussons me fait penser à un film que j'adore. Sorti en 1948, Les Chaussons Rouges, de Powell et Pressburger invite Léonide Massine, le célèbre danseur des Ballets Russes dans son casting - source : PDXFilms
Voilà pour ce tour d'horizon, je n'ai mis que les pièces que je trouvais les plus belles dans cet article. Il y a aussi un livre dont la première page est dédicacée par l'ensemble des danseurs du NYCB en vente. En revanche, je ne suis pas parvenue à savoir la raison de cette vente. Je cherche toujours...
Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 24 mai 2013

Les costumes des films de Jacques Demy

La Cinémathèque Française de Paris organise au printemps 2013 une rétrospective de l’œuvre du cinéaste Jacques Demy, extraits de films, dessins, peintures, sculptures et reproductions de costumes nous plongent dans l'univers enchanté de l'artiste. L'occasion de revenir sur les costumes emblématiques de ses différents films et son ancrage dans la mode des années 60/70/80.

Jacques Demy et sa muse, Catherine Deneuve - couverture du catalogue d'expo provenant de people-looks
Qui est Jacques Demy ?
Né en 1931 en Loire-Atlantique et mort à Paris en 1990, par son travail de cinéaste, on le rapproche de la Nouvelle Vague comme sa compagne, Agnès Varda. Ce mouvement cinématographique est très marqué par son époque, la fin des années 50, début des années 60. Les Trente Glorieuses, la guerre d'Algérie, les révoltes étudiantes, le féminisme, constituent le contexte historique de ces films apportant un nouveau souffle au cinéma français alors en plein changement tant dans ses thèmes que dans sa technique. Les films les plus connus de Demy furent tournés à la fin des années 60.

L'exposition.
Un avant-goût de la scénographie sur le site de la Cinémathèque.
La scénographie impressionne par sa beauté et sa richesse. Les décors des films sont reconstitués, que dire de la galerie Lancien ! Le tout concentré dans un parcours assez court mais tellement foisonnant qu'on y passe une bonne heure et demi. On croisera des extraits de films, des œuvres de Demy autres que cinématographiques, et des témoignages comme celui de sa compagne ou d'Harrison Ford. Les costumes présentés ont été reconstitués pour la plupart, ils sont éblouissants et font de parfaits échos aux extraits des films. J'ai regretté de ne pas voir davantage de costumes notamment des Demoiselles de Rochefort ou des Parapluies de Cherbourg (évidemment). La part belle étant faite au film Peau d'âne.
Les costumes présentés lors de l'exposition sont visibles sur le site de la Cinémathèque (diaporama), ils ont été reconstitués spécialement pour l'exposition. 
La guêpière du film Lola portée par Anouk Aimée, juste sublime, trouvée sur le site du journal 20 minutes. Lola est un film réalisé en 1961 racontant l'histoire d'une danseuse de cabaret à la recherche de l'amour. Demy a choisi la ville de Nantes comme décor, ville à laquelle il était très attaché. Source de la photo d'Anouk Aimée.

Les robes de Peau d'âne, film de 1970,  portées par Catherine Deneuve. Au premier plan, la robe-ciel, les nuages sont projetés sur le tissu bleu ; à gauche, la robe-soleil et à droite la robe-lune. Cette dernière est visible sur la 2e photographie, trouvée sur ce site. Loin de se conformer à une certaine réalité historique, la confection des costumes évoquent davantage un monde onirique, plus proche des contes que de l'Histoire. Néanmoins, la mode du XVIème siècle semble avoir inspiré Augusto Pace (le costumier) par ce côté grandiloquent et ce foisonnement de tissus.

La fameuse peau est aussi présentée (source de la photo de droite)

La confection des costumes.
On doit les costumes les plus marquants de l’œuvre de Demy à deux femmes : Jacqueline Moreau et Rosalie Varda (la fille du cinéaste). Un article de Sylvie Perault (Jacqueline Moreau et la création de costumes pour J.Demy / S. Perault/ CERPCOS-05/2013.) sur Jacqueline Moreau qui a travaillé sur les Parapluies de Cherbourg et les Demoiselles de Rochefort est particulièrement éclairant sur sa méthode de travail avec le réalisateur. Jacqueline Moreau est une amie d'enfance de Jacques Demy, elle a aussi travaillé avec d'autres cinéastes non moins célèbres comme Godard, Tavernier ou Costa-Gavras. Toute la difficulté de son travail sur ces deux films fut d'accorder les tenues des acteurs avec le décor, une scénographie créée par Bernard Evein à laquelle la Cinémathèque rend un bel hommage en reconstituant certaines pièces présentes dans les films de Demy. Dans une interview, Jacqueline Moreau explique qu'elle devait en général déterminer les couleurs des costumes après le choix des papiers peints. Pour Demy, les couleurs vives étaient un choix destiné à le rapprocher de la comédie musicale américaine.
Les couleurs vives des costumes comme du décor dans les Parapluies de Cherbourg, 1964 - source
Les couleurs vives des Parapluies deviennent pastel en 1967 pour les Demoiselles de Rochefort. Jacqueline Moreau se fournit dans le prêt-à-porter de l'époque, elle teint certains vêtements pour leur donner les couleurs voulues. Bernard Evein doit repeindre certaines façades de maisons pour les accorder aux costumes. Jacques Demy veut des chapeaux, des robes à la Marilyn Monroe, et identifie chaque sœur jumelle à une couleur :
Le rose pour Delphine (Catherine Deneuve) et le jaune pour Solange (Françoise Dorléac) - source
Poupoupidou... (source)

Rosalie Varda, quant à elle, travaillera sur Une Chambre en Ville, en 1982, Parking, en 1985, et Trois Places pour le 26, en 1988, entre autres.
Edith (Dominique Sanda), dans Une chambre en ville, porte un manteau de fourrure, symbole de la bourgeoisie mais étant nue sous son manteau, elle apporte aussi un parfum de scandale - source
Les extravagants costumes de Marie-France Pisier (sa robe est visible dans l'exposition) et de Jean Marais dans Parking, une adaptation moderne du mythe d'Orphée - source
Mathilda May et Yves Montand dans Trois Places pour le 26 - source
A l'image d'une époque...
A travers trois exemples, je voudrais maintenant illustrer l'influence de la mode des années 60, 70 et 80 sur les costumes des films de Jacques Demy.
Commençons par Les Parapluies de Cherbourg et cette robe portée par Catherine Deneuve :
En 1964, Catherine Deneuve porte une robe en vichy bleu, un tissu à carreaux, dans les Parapluies de Cherbourg. Son rôle de jeune fille de bonne famille semble contredit par cette robe-même qui rappelle un sex-symbol des années 60 - source.
En effet, Brigitte Bardot adopte aussi le look petite fille sage quelques temps auparavant et lance la mode du tissu vichy dans les années 50. Ici, on la voit en photographie sur la couverture du magazine Elle du 17 août 1953 - source
En 1967, dans les Demoiselles de Rochefort, Françoise Dorléac porte un ensemble blanc de toute beauté en accord avec la tenue de son partenaire Gene Kelly :
Béret et robe à jupe plissée sont caractéristiques de la mode des années 60 qui habille souvent les femmes comme des petites filles à grands coups de tissus vichy, cols Claudine ou de courtes robes comme le montrent les créations de la couturière emblématique de l'époque, Mary Quant - source
Sur cette photographie de 1965 prise au Variety Club, on reconnait les chanteuses Cilla Black, Petula Clark et Sandie Shaw habillées en mode Lolita, vous aurez reconnu la fameuse jupe plissée à gauche - source
Enfin dernier exemple, celui-ci pour les années 80. En  1988, Mathilda May court, robe rose au vent, veste et sac en jean :
Robe corolle d'un rose romantique alliée au bleu du jean, sac assorti - source
La veste en jean est le grand amour des années 80 et 90 comme le montre cette couverture de Elle dans les années 1980 avec Sophia Loren. Paraît que la veste en jean redevient très "in" ces derniers temps en particulier avec une robe romantique, Mathilda May avait tout compris ! - source
Jacques Demy semble avoir toujours porté intérêt à l'air du temps en matière de mode pour les costumes de ses films. Je terminerai ce post en vous conseillant encore une fois d'aller faire un tour à l'expo de la Cinémathèque, histoire de goûter au monde pastel et coloré (mais pas que) de ce cinéaste.
Rendez-vous sur Hellocoton !

dimanche 27 janvier 2013

Exposition Fashioning Fashion - Deux siècles de mode européenne de 1700 à 1915

L'année 2013 commence fort avec la venue en France d'une exposition exceptionnelle retraçant l'histoire de la mode du XVIIIème siècle au début du XXème. Après une première escale à Berlin, ces collections acquises par le LACMA, Los Angeles County Museum of Art, sont actuellement présentées au musée des Arts Décos de Paris jusqu'en avril 2013. Petit compte-rendu de ma visite...

Robes, corsets, pantalons, vestes, broderies, dessous et dessus... L'exposition affiche des pièces emblématiques de l'histoire du costume de cette époque - source de l'affiche : Arts Décos
Petit florilège de pièces présentées lors de l'exposition.
Le site internet du musée met à disposition des curieux de belles illustrations mais on peut retrouver quasiment toute la collection sur le site du LACMA, c'est de là que proviennent les photographies de cet article. Allez y faire un tour si vous ne pouvez vous déplacer sur Paris car les photos sont de toute beauté.
Toutefois, voir ces costumes en face à face, cela reste à mon goût une expérience pasionnante. Quoi de plus fascinant que d'observer  le corps féminin et masculin évoluer au fil du temps ? La silhouette des siècles passés est parfois drôlement éloignée de la notre. A plusieurs reprises, la taille des mannequins, leurs mensurations m'ont frappée. Le corset déforme la femme d'une manière effrayante. La petitesse de certains mannequins, nous montre que bien que originaires des couches sociales les plus aisées de la société, hommes et femmes qui ont portés ces vêtements, ne bénéficiaient sans doute pas d'un équilibre alimentaire très approprié. 
Bref, je ne suis pas restée focalisée sur les costumes. Lors de ce genre d'expo j'aime aussi imaginer les corps qui les portaient.
Je vous propose ici un défilé qui, j'espère, vous donnera un avant-goût délicieux de ces splendides collections !
Le musée présente une robe à la française d'origine anglaise, datant de la moitié du XVIIIème siècle. Elle se portait sur des paniers, pièces particulièrement inconfortables, et qui sont aussi visibles dans l'exposition. La robe à la française se compose d'un manteau avec une traîne, d'une pièce d'estomac richement décorée disposée sur un corps à baleines qui sert le haut. Le jupon se doit d'être ample, le tissu utilisé pour confectionner une telle tenue était en quantité importante et cela révélait bien sûr la richesse de la personne. La robe à la française est considéré comme la robe des grandes cérémonies et comme la robe de cour au XVIIIème siècle.
Voici une autre robe à la française, plus printanière et moins tapageuse. Je la trouve sublime avec ces broderies florales. Elle date du milieu du XVIIIème siècle.
Voici un bel exemple de pièce d'estomac qui se positionnait sur le corps à baleines. Ce dernier n'était pas décoré, n'ayant pas pour but d'être admiré (car caché sous le manteau). En revanche, la pièce d'estomac est richement décorée de dentelles, broderies, perles...
Autre robe en vogue à la même époque, la robe à la polonaise, les détails de celle-ci sont juste à couper le souffle.
Au XVIIIème siècle, l'habit de cour et habit de cérémonie pour les hommes, c'est l'habit à la française. Il disparait à la fin du siècle, avec la Révolution, mais revient en vogue sous l'Empire. Les autres classes sociales portaient aussi ce costume mais bien évidemment, la qualité des tissus variait selon les richesses de chacun.
Voici un gilet fabuleux, porté au début de la Révolution Française, on y voit une chenille et des inscriptions brodées telles que "l'habit de fait pas le moine". Je regrette les explications un peu lacunaires sur cette pièce, j'essaierai par ailleurs d'en savoir plus sur la signification des couleurs et des symboles, ainsi que sur la fréquence de ce type de vêtements durant la période. On peut d'ors et déjà remarquer la présence des trois couleurs françaises en harmonie avec le drapeau qui vient alors d'être créé.
La mode anglaise influence grandement les Françaises qui adoptent la redingote.
Au début du XIXème siècle, à mi-chemin entre la mode empire et la mode romantique, les femmes adoptent le spencer, cette veste courte est sublimement travaillée tout en restant simple.
Deux adorables accessoires de la garde-robe féminine : l'ombrelle et le réticule, petit sac brodé avec de la soie.
Costume de la première moitié du XIXème siècle. La redingote en queue de pie, la canne  et le haut-de-forme donnent déjà à ce mannequin une allure de dandy. La mode anglaise prend le dessus sur la mode française qui faisait encore référence au cours du XVIIIème siècle.
Deux superbes robes de la moitié du XIXème, celle de droite est destinée à être portée en bord de mer. Les loisirs balnéaires se développent avec la diffusion de la locomotive à vapeur. Mais la femme reste engoncée dans sa crinoline.
Le corset change de forme au cours du siècle selon la silhouette à la mode. Ici, c'est la silhouette romantique qui est en vogue, les épaules sont amplifiées la taille serrée et les hanches larges.
Autre corset, autre époque. Celui-ci donne à la femme une silhouette en S telle que la mode l'exige vers 1900, on voit que la poitrine est mise en avant, elle n'est plus comprimée. Par contre le fait que ce corset soit en cuir me laisse perplexe, ce devait être une femme assez libertine qui pouvait oser ce type de matière.
Descendante de la crinoline, la tournure devait donner du volume au niveau des reins vers 1870. En terme d'objets de torture, la mode s'est montrée particulièrement inventive du côté des femmes durant tout le XIXème siècle !
A la vue d'une pareille beauté, on ne peut s'empêcher d'imaginer que le corps de la femme est coincé, contrôlé par tout un attirail d'instruments qui rendent sa vie inconfortable. Robe de Mademoiselle Giroux datant de 1880. La crinoline ne se porte plus sur ce genre de robe près du corps, c'est le règne de la tournure.
Joli bonnet (fanchon) de 1860 fait de lin, soie, velours et de perles.
Les milieux aisés du début XXème siècle se procurent des tenues exceptionnelles auprès des créateurs de haute-couture comme Paul Poiret. Dans les années 1910, les Soeurs Callot suivent la tendance des Ballets Russes et la mode orientaliste en concevant cette tenue digne des milles et une nuits qui se porte plutôt en intérieur. Le corps de la femme se libère du corset, les vêtements s'allègent laissant libres les mouvements au lieu de les contraindre.
Deux siècles de mode européenne, ce sont donc deux siècles d'évolution de la silhouette masculine et féminine. Certes les évolutions dans le costume des hommes sont moins frappantes que dans celui des femmes. Mais on remarque une simplification au début du XXème siècle pour les deux sexes. Ces collections démontrent combien la mode, plus qu'affaire de futilités est le résultat d'influences politiques, morales, économiques et artistiques foisonnantes.

Qu'ai-je pensé de cette visite ?
J'avouerai être plutôt partagée. D'un côté la scénographie m'a déçu, trop identique aux expositions précédentes, peu d'originalité (alors que celle de Berlin avait juste l'air incroyable) et un noir attristant. Je comprends que la lumière se doit d'être tamisée dans ce genre d'expositions pour protéger les costumes mais en cherchant un peu, il devait être possible de mettre plus de couleurs à la mise en scène. Le costume enfantin était à mon goût trop peu représenté. En revanche, un bon point pour le costume masculin très présent, ce que ne reflète pas vraiment mon compte-rendu car (par mauvaise habitude) je me suis plutôt concentrée sur les pièces féminines. Concernant les points négatifs, je regrette que les chaussures ne soient pas plus mises en avant. Je crois que la plupart des visiteurs ne prêtent guère attention à ces pièces car elles se trouvent au pied des mannequins mais par conséquent, on n'est pas très disposé à les admirer confortablement. Ce point de vue est tout à fait démontable car en même temps, je trouve aussi sympa de pouvoir admirer un costume au complet, avec les chaussures assorties. 
Chaussures de 1700 ou 1715. N'oubliez pas de regarder les pieds des mannequins en visitant l'expo, on y découvre des merveilles.
Je regrette souvent le manque d'explications dans ces expositions mais je comprends que l'on peut tout aussi bien les trouver dans le catalogue, je touche donc là à une stratégie commerciale tout à fait défendable. 
J'ai d'ailleurs eu l'occasion d'acquérir ce catalogue et il est très complet et traitant une période passionnante. Il en vaut  le coup (ou plutôt le coût : 55€). 
Pour résumer, cette exposition ne doit pas être boudée malgré ses défauts. Je dirais que ce qui fait son originalité et son point fort c'est la représentation des hommes parmi le parcours proposé ainsi que des pièces rares et parfois surprenantes. Enfin, je le dis souvent ici mais il est tellement mieux d'admirer ces vêtements en vrai que sur du papier glacé ! Vous l'aurez compris, je vous encourage à faire un tour Rue de Rivoli, et n'hésitez pas à partager votre opinion ou un lien vers votre blog après la visite que l'on compare nos impressions.

Comme précisé plus haut, ces photographies proviennent du site du musée LACMA, vous trouverez facilement la page Fashioning Fashion en tapant Fashion dans la barre de recherche. Le site des Arts Décos est très éclairant du côté explicatif. 

Rendez-vous sur Hellocoton !