mercredi 29 août 2012

Exposition l'étoffe de la modernité - Opéra Garnier

Faire un tour à l'Opéra Garnier c'est à la fois découvrir un lieu magistral dans son architecture et des couloirs chargés d'histoire. J'aime souvent me rendre dans ce lieu, ses décors sublimes et notamment la salle de spectacle au plafond peint par Matisse sont saisissants. Si vous avez l'occasion de visiter l'Opéra notamment avec un guide, il ne faut pas hésiter. 
Intérieur de l'Opéra Garnier, une symbiose d'élégance et de lumière, tout simplement enchanteur !
Peut-être ai-je eu de la chance le jour où je l'ai moi-même fait mais je suis tombée sur une guide capable de distiller de nombreuses anecdotes au fil de ses propos, un moment fabuleux. C'était comme si les aristocrates huppés prenaient vie sous nos yeux, les robes de soirée et les spectacles de la fin du XIXème siècle revivaient le temps de son récit. Mais ce n'est pas de cela que je souhaitais parler aujourd'hui, plutôt de la dernière exposition visible à l'Opéra. Une parfaite occasion de combiner la visite du monument et la découverte de costumes de scènes du XXème siècle.
Affiche de l'exposition (source : mini-site)
L'exposition est divisée en quatre parties chacune illustrée de costumes, gravures, photographies, croquis et une vidéo est visible à la fin relatant la conception d'un costume de danse par Christian Lacroix.

Première partie de la visite : de 1900 à 1914, le costume historique et les derniers feux du "grand opéra".
Cette partie explique comment le costume de scène reste encore proche du costume historique dans un certain respect de la tradition.  Les costumiers sont envoyés en voyage d'études, on les pousse à consulter des ouvrages et à visiter les musées afin de concevoir des costumes vraisemblants. On cherche aussi à en mettre plein la vue au spectateur par un luxe détonnant, bien que la fantaisie ne soit pas à l'ordre du jour.

Deuxième partie de la visite : de 1914 à 1945, l'ère Jacques Rouché et les costumes de peintres.
Jacques Rouché est à la tête de l'Opéra de Paris ces années-là, il n'hésite pas à encourager tous les avant-gardismes en faisant appel à des peintres novateurs en matière de décor mais aussi de costumes, les deux sont souvent l'oeuvre d'une seule et même personne. Ainsi, interviennent de très célèbres peintres associés aux Ballets Russes de Diaghilev, tels que Bakst ou Benois. Des oeuvres de Léger  ou de Boll sont aussi présentées.

Troisième partie de la visite : de 1945 à 1972, la RTLN et l'école de Paris. 
La RTLN (Réunion des théâtres lyriques nationaux) est le nom du réseau dont fait partie l'Opéra Garnier qui est nationalisé. Les administrateurs de la RTLN continuent à faire appel à des peintres novateurs pour l'élaboration des costumes et des décors. Des collaborations s'annoncent avec des artistes italiens mais aussi avec un styliste comme Saint-Laurent pour le ballet de Petit : Notre-Dame de Paris.

Quatrième et dernière partie de la visite : de 1973 à 2000, derniers magiciens et nouveaux créateurs.
On voit dans cette dernière étape que la prise de fonction d'un nouveau directeur à l'Opéra conditionne beaucoup le devenir du lieu. Cette période est en quelque sorte un temps d'internationalisation où l'Opéra essaye de se mettre au niveau des autres grandes scènes internationales.
Petit bonus final, dans une vidéo, Christian Lacroix explique comment il élabore les costumes de ballet. Observer sa démarche de création est tout à fait intéressant, prenez le temps de regarder ce court-métrage si vous en avez l'occasion.

Maintenant trêve de bavardages, voici quelques parcelles des découvertes que j'ai pu faire lors de mon petit chemin à l'Opéra. Je suis toujours aussi amoureuse de ces dédales et lorsque ce lieu s'embellit de costumes... alors là je suis transie d'amour !!!
On commence par le comité d'accueil lors de l'entrée dans l'Opéra, à côté de ces yeux rouges exorbités on se dit que le fantôme du lieu doit avoir meilleure allure !
Des silhouettes au détour d'un regard : je ne m'y promènerais pas la nuit dans ces couloirs !
La même, vue de près, eh bien, il n'y a pas de quoi être rassuré !
Quelques divines silhouettes toujours au hasard d'un couloir.
Quelques vieux amis vous saluent !
Costumes de la reine des Morphides et d'Iphéas dans Piège de lumière ballet de John Taras d'après les maquettes d'André Levasseur, 1988.
Après les salutations d'usage dans les couloirs et des détours sans fin pour trouver l'entrée de l'exposition, nous y voilà !
Trois costumes de cour du début XIXème siècle remployés pour Goyescaz  de Granados en 1919.
Jurgen Rose, costume des filles-fleurs pour Parsifal de Wagner.
Costume de Phoebus dans le ballet Notre-Dame de Paris de Roland Petit, d'après les maquettes d'Yves Saint-Laurent. Hum mais cela me rappelle vaguement quelque chose... ne serait-ce pas la robe Mondrian !
Christian Lacroix, costume pour une danseuse pour les Anges Ternis ballet de Karole Armitage, 1987.
Costume du rôle-titre de Robert Le Diable de Meyerbeer d'après les maquettes de Florica Malureanu, 1985.
Costume de la bergère dans Daphnis et Chloé (ballet de George Skibine) d'après les maquettes de Marc Chagall, 1958.
Pour compléter votre visite ou parce que vous ne pouvez vous déplacer sur place, l'Opéra et la BNF se sont associés pour vous offrir un aperçu de l'exposition. Ce mini-site est adorable, j'en ai tiré  les informations postées ici. Dans une partie annexe à celle de l'exposition, vous découvrirez les coulisses des ateliers de création des costumes ainsi qu'un entretien vidéo avec la directrice des costumes. 


Les photos illustrant cet article sont de moi sauf mention contraire.
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